Prevention et plan d’action en Occitanie

Un plan d’action est lancé pour renforcer la santé bucco-dentaire notamment auprès des plus jeunes

« Mardi dernier, j’ai opéré une petite de 6 ans. Elle avait dix dents en haut, dix dents en bas. J’en ai enlevé neuf en haut et un peu moins en bas.” Témoignage fort que celui livré par le Dr Hervé Léon, chef du service odontologie du CHU de Nîmes. A l’image de cet exemple extrême, la santé bucco-dentaire des enfants laisse à désirer. “Sur 1 147 jeunes examinés en 2016, 66 % avaient au moins une carie et 32 % entre 4 et 10 caries”, précise Nadine Héritier, présidente de l’UFSBD 30 (Union française pour la santé bucco-dentaire).
Dans le Gard, tous les acteurs concernés viennent de s’unir pour lancer une campagne de prévention bucco-dentaire. Mais pour arriver à de meilleurs résultats, il faudra faire évoluer les comportements.
1 Un suivi dentaire irrégulier
“Près de 40 % des Gardois n’ont pas consulté de chirurgien-dentiste au cours des deux dernières années, déplore Patrice Héraud, sous-directeur de la CPAM du Gard. Seulement 10 % des femmes enceintes – plus sensibles aux problèmes dentaires – et 34 % des enfants et adolescents réalisent l’examen bucco-dentaire”. Comme tout se joue dans l’enfance, mieux vaut prendre de bonnes habitudes tout jeune. Et de pas attendre d’avoir mal pour aller chez le dentiste. Chez les 2-5 ans, il faut par exemple s’y rendre une fois par an.

2 Des inégalités sociales flagrantes
Selon une étude de 2013 en maternelle, 4 % des enfants de cadres avaient au moins une carie non soignée, contre 23 % d’enfants d’ouvriers. “Il faut faire venir chez le dentiste ceux qui n’ont pas l’habitude d’y aller”, souligne Nadine Héritier. Le renoncement aux soins est un fléau difficile à combattre…

3 Mauvaises dents, mauvaise santé
La santé bucco-dentaire est un miroir de la santé générale. Ainsi, de mauvaises dents et un surpoids s’alimentent l’un l’autre. De même, des bactéries situées dans la bouche peuvent facilement se retrouver dans le sang et atteindre d’autres organes tels que le cœur, les reins ou les poumons.

4 Des raisons d’être optimiste
“En matière de santé bucco-dentaire, je suis optimiste, lance Christian Fatoux, directeur de la CPAM du Gard. On se donne le temps et les moyens pour faire baisser les caries dans les écoles.” Et si les résultats sont encore… en dents de scie, ils se sont bien améliorés. Pour que ça continue, c’est simple : il faut se brosser les dents et consulter un dentiste à intervalles réguliers.

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G Richard –  Midi Libre 28/05/17